Au Togo, dans les années 70 à 80, un athlète a su honorer le pays lors des compétitions internationales. Il s’agit de Kossivi Sebia Atikpo détenteur du record national du 1500 m, établi lors des Jeux Ouest Africains et qui est resté dans les annales sportives. Aujourd’hui, enseignant d’éducation physique et sportive à Lomé, l’homme avait bâti sa carrière grâce à d’énormes sacrifices.

Né le 3 août 1952, Kossivi Sebia Atikpo, fait parti de ces athlètes au talent immense qui ont porté le nom du Togo sur le plan international de 1973  à 1982. Recordman togolais du 1500 m avec un chrono de 3min 55 sec 28 centieme, réalisé aux Jeux Ouest Africains à Lagos au Nigeria, Kossivi Sebia Atikpo avait comme premier amour le football et évoluait au sein  de Racing club l’un des clubs mytique d’alors. Mais lors des séances d’entraînement notamment les footings, il se retrouve un talent caché qui vit en lui, l’athlétisme et plus précisément la course de demi fond,  le 1500 et le 800 mètres.

Très tôt, il opère une reconversion qui va lui permettre de participer  pour la première fois en 1973 à une compétition d’athlétisme. Il a fait ses preuves et au cours de l’année qui a suivi, il a pris part à la sélection pour les Jeux Africains à Accra au Ghana. Sa performance éblouit plus d’un. De là, Kossivi Sebia Atikpo voit s’ouvrir devant lui, les portes d’une carrière prometteuse  sur le plan national qu’international en tenant tête à ses devanciers.

Sa force, ce sont ses heures d’entraînements, « je me levais tôt à 4 heure du matin pour courir dans le sable fin de la plage de Kodjoviakopé au Wharf. Les samedis,  j’allais jusqu’au Port autonome de Lomé en aller-retour ou parfois j’en faisais un peu plus. Tous mes loisirs sont transférés dans l’entrainement. S’il y a une chose que j’ai compris, c’est seulement par le travail que je peux aller de l’avant et honorer mon pays », a-t-il fait savoir.

Durant sa carrière, il se fera le porte flambeau de l’athlétisme togolais dans plusieurs meetings et compétitions où les performances se sont enchaînées pour le garçon de Kodjoviakopé. En 1975, il a pris part en Allemagne au Meeting de Heppenhein avant de se retrouver une année plus tard à Montréal au Canada pour les Jeux Olympiques de 1976 où il n’a malheureusement pas foulé les pistes tout comme les autres athlètes africains à cause du contentieux entre l’Afrique et le Comité International Olympique à propos de l’Afrique du Sud en plein apartheid.

L’année qui a suivi, Atikpo décroche la médaille d’argent sur 800 m aux Jeux Universitaires Ouest Africains. Sans aucune année ne passe sans que le jeune athlète ne glane de récompense : 1978, il décroche la médaille de bronze aux Jeux Universitaires  Africains à Nairobi au Kenya, 2e aux Jeux de l’Amitié à Philadelphie aux USA en 1980. Mais bien avant, il a été aux Jeux Universitaires Mondiaux à Mexico.

La blessure, le mal des sportifs…

La vie n’a pas seulement réservé des instants de gloire au champion. Après un problème musculaire qui lui a joué un mauvais tour en 1977 et 1982, Kossivi Sebia Atikpo s’est vu confronter à un autre problème de santé cette fois plus sérieux et nécessitant une intervention chirurgicale. Craignant pour sa vie, il a refusé l’opération. Ce qui va donner un coup d’arrêt à sa carrière. Mais entre-temps, il a décroché son Certificat d’Aptitude des Professeurs Adjoint d’EPS et le Diplôme d’entraîneur d’athlétisme décroché à l’Université de Leipzig en Allemagne. Ceci va lui faciliter sa reconversion en devenant dès lors entraîneur.

Il a été surtout conseillé et aidé par le ministre en charge des Sports d’alors, feu Voulé Frititi à suivre une formation à l’Institut National de la Jeunesse et des Sports (INJS). « Je ne suis  pas le seul à en bénéficier, plusieurs autres athlètes togolais ont également saisi cette chance. Je tiens à rendre un hommage à ce ministre qui a beaucoup fait en son temps pour l’épanouissement de la jeunesse », a-t-il ajouté.

Ainsi hors des pistes, le légendaire Atikpo va se concentrer sur sa carrière d’entraineur et d’enseignant  d’éducation physique et sportive. Il a occupé tour à tour  au sein de la FTA,  le poste de Directeur technique national et du président du comité d’organisation.

« Le Togo manque d’une politique sportive… »

Kossivi Sebia Atikpo est revenu sur la situation sportive du Togo. Et selon lui, le Togo manque  cruellement de politique sportive. « Le sport demande beaucoup d’investissement dont les récompenses sont les honneurs fais au pays lors des compétitions internationales par leur performance », a laissé entendre l’ancien athlète Atikpo.

Le recordman du 1500 m du Togo exhorte les dirigeants à réorganiser le sport en mettant les moyens pour permettre aux acteurs d’aller de l’avant. L’autre volet est de reprendre les championnats scolaires et universitaires, des compétitions qui ont permis à beaucoup d’entre eux, notamment, Lawson Kaka ou Tao d’avoir une carrière. Il preconise  de repartir de  la base et suivre les jeunes talents qui seront détectés.

Aujourd’hui, Kossi Atikpo milite au sein de l’Association des Anciens Athlètes du Togo avec pour mission de préparer les jeunes athlètes pour les Jeux Olympiques de la Jeunesse qui auront lieu pour la première fois sur le sol africain plus précisément à Dakar au Sénégal en 2022.

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